Mise au point du portrait robot par l’ADN

portrait robot par l'ADN vieillissementPublié le 5 octobre 2017 – Il est possible de réaliser un portrait robot par l’ADN à partir de traces prélevées sur des scènes de crime. Depuis les 5 dernières années, plusieurs sociétés de biotechnologies ont publié leurs travaux sur des logiciels de création de portrait robot par l’ADN. Les avancées sont étonnantes, ExpertADN va vous présenter les plus récentes:

1. Quand l’ADN vient au service de la police scientifique pour élucider d’anciennes affaires non résolues

21 septembre 2017 :  A San Francisco, la police a publié le portait robot du principal suspect du meutre de Maria Jane Weidhofer le 15 novembre 1990. La jeune femme avait été retrouvée étranglée auprès une agression sexuelle dans le parc de East Bay Regional Park, le long d’un sentier très fréquenté par des coureurs, marcheurs et cyclistes. Source: Le service de presse de Bay City.

Aucun profil correspondant au suspect dans le fichier du FBI

La police du parc régional d’East Bay précise que le cas était un « cold case », un cas non résolu. Aucun coupable n’a pu être identifié car les échantillons d’ADN relevés sur la victime et sur le lieu du crime ne correspondaient à aucun profil connu dans la base de données du FBI.

Plusieurs témoins avaient pourtant décrit un homme suspect qui attendait sur un banc à l’entrée du sentier : il avait l’apparence « Italienne » ou européenne, l’homme était âgé de 25 à 30 ans, aux épaules larges, des cheveux bruns bien coupés, plutôt courts et une moustache.

L’enquête qui a été menée pendant les années suivantes a permis de disculper certaines personnes qui auraient pu être impliquées, mais à ce jour a été incapable d’orienter l’enquête vers un suspect principal.

Un essai de portrait robot par l’ADN sur “Snapshot”

Les enquêteurs ont fait appel aux nouvelles technologies proposées par Parabon NanoLabs, une entreprise de biotechnologie de l’Etat de Virginie qui s’est spécialisée dans le phénotypage de l’ADN. Comme nous l’expliquons dans notre article, le phénotype est l’ensemble des caractères physiques directement observables d’un individu, qui sont déterminée par l’ADN de chacun, par exemple la couleur des yeux ou des cheveux. Le phénotypage consiste à prédire l’apparence physique et les caractères héréditaires d’un échantillon d’ADN non identifié. Les forces de l’ordre ont recours au service de phénotypage Snapshot™ pour réduire la liste de suspects et générer de nouvelles pistes dans leurs enquêtes criminelles.

En utilisant les preuves ADN des scellés de l’enquête, Snapshot a prédit des caractéristiques de son apparence physique : forme du visage, couleur des yeux, des cheveux et de la peau, présence ou non de taches de rousseur. La combinaison de ces caractères a permis de générer un portrait robot par l’ADN. L’homme avait une moustache, âgé de 25 ans avec un indice de masse corporelle moyen de 22. Ces deux dernières valeurs ont été estimées, à partir des témoignages de l’époque, car l’âge et l’IMC ne peuvent pas être connus à partir d’une trace d’ADN.

Le portrait reconstitué de l’homme en 1990 a été diffusé dans l’appel à témoins, avec une simulation de l’image que l’homme aurait aujourd’hui, 27 ans après les faits.

Ce que l’ADN ne pourra pas révéler: les facteurs environnementaux et autres caractéristiques

Il faut garder en mémoire que ces images de synthèse sont des simulations scientifiques d’une apparence sur la base de l’ADN et n’ont rien à voir avec un croquis qui serait réalisé par un dessinateur avec l’aide de témoins. Le portrait type calculé à partir de l’ADN ne peut pas prendre en compte des facteurs environnementaux qui façonnent également notre apparence depuis notre enfance : le style de vie, les pratiques sportives, habitudes alimentaires, l’addiction au tabac ou l’abus d’alcool. Il manque également les autres signes caractéristiques de notre apparence : la coiffure, le port de la barbe ou d’une moustache, la présence de cicatrices, de tatouages ou de lunettes. Tous ces facteurs peuvent causer de grandes différences entre le portrait et l’apparence réelle du suspect.

On ne sait pas si ce portrait robot par l’ADN sera suffisant proche de la réalité pour donner de nouvelles pistes sur cette enquête, c’est la première fois qu’un portrait généré par l’ADN est diffusé aussi largement au grand public. Ce n’est cependant pas la première fois que le portrait robot par l’ADN est utilisé pour résoudre une affaire criminelle, mais auparavant, le portrait n’avait été communiqué qu’aux forces de l’ordre, à la victime et à ses proches.

portrait robot par l'ADN snapshot2. Les tout premiers cas résolus grâce aux portraits robots par l’ADN au Nouveau Mexique

Le 5 juillet 2017: Justin Hansen

La société Parabon explique sur son site internet comment ils ont contribué à l’arrestation de l’agresseur de la jeune Brittani Marcell. En 2008, la mère de la victime avait surpris l’agresseur en train de frapper sa fille avec une pelle dans le domicile familial. L’homme avait brisé une vitre de la maison pour s’échapper et s’était blessé dans sa fuite. La police avait récupéré un échantillon de sang, mais il ne correspondait à aucun profil connu du FBI.

La victime gravement blessée à la tête, avait survécu à ses coups et blessures mais était restée dans le coma pendant plusieurs semaines. A son réveil, elle n’était plus en mesure de se souvenir des circonstances de son attaque. Après plusieurs opérations chirurgicales et des mois de rééducation, elle a été retrouvé l’usage de la parole, réappris à marcher, a pu se souvenir des personnes qu’elle avait côtoyées les semaines précédant son agression.

Elle avait également pu décrire certaines caractéristiques de son agresseur: peau très blanche, peut-être Mexicain avec les cheveux bruns hérissés, au visage carré, avec un gros nez, “des yeux bizarres”, les sourcils proéminents, de grands oreilles et un grand front, sans tatouages visibles, grand, musclé mais pas excessivement. Un portraitiste de la police avait réalisé un croquis, qui avait été diffusé au grand public.

En 2016, le Détective Gonterman n’avait pas pu identifier l’agresseur. Après 8 ans d’enquête, les forces de l’ordre avaient interrogé un nombre incalculable de suspects, qui furent toutes successivement innocentées par l’analyse ADN. Ils en étaient au même niveau qu’au début de l’enquête!

Un essai de portrait robot par l’ADN

Madame Gonterman a voulu découvrir de nouvelles pistes en confiant à Parabon un échantillon de sang des scellés de l’affaire. Le portrait robot par l’ADN de Snapshot décrivait un individu de type “européen” mélangé avec une petite proportion d’ADN améridien, de peau claire, avec les cheveux bruns et les yeux noisette ou vert. En voyant le portrait robot par l’ADN, la victime s’est souvenue de Justin Hansen, un ami d’une de ses soeurs, qui était souvent venu la voir à son travail, au centre commercial, quelque temps avant l’agression.

Il n’en fallait pas moins pour que la Police commence à s’intéresser à Justin Hansen. Les déclarations de Mr. Hansen à la police présentaient de telles incohérences. Alors le procureur de la république a autorisé le Détective Gonterman à faire suivre les suspect par des policiers en civil pour récupérer un échantillon de son ADN. Ils ont ainsi extrait son profil d’ADN à partir d’un emballage de fast-food que Justin Hansen avait abandonné dans une poubelle. L’analyse ADN a prouvé que l’ADN était le même que celui de l’échantillon prélevé sur la scène du crime. Hansen a été arrêté par la police d’Albuquerque le 5 juillet 2017. Au mois de Septembre 2017, il attendait d’être jugé.

 

portrait robot par l'ADN
Shawn Lawson

8 Mai 2017: Shawn Lawson

Citons un autre cas, Shawn Lawson a été arrêté le 8 mai 2017. Les forces de police ont pu prouver que son ADN correspondait à celui qui avait été retrouvé sur trois victimes de viol en Juin 2006, Juin 2015 et Décembre 2016. Il est soupçonné d’avoir commis d’autres agressions sexuelles sur cette période de plus de 10 ans.

Les enquêteurs avaient utilisé la technique du “touch DNA” pour les cas à partir de 2015. C’est à dire qu’ils ont récolté de l’ADN de l’assaillant sur les partie du corps que l’agresseur avait touchées.

 

18 septembre 2017: Gary Schara

portrait robot par l'ADN Gary Schara
Gary Schara

Gary Schara a été arrêté le 18 septembre 2017 pour l’agression et le meurtre de Lisa Ziegert en 1992. C’est l’arrestation la plus récente, à laquelle le phénotypage du laboratoire Parabon NanoLabs ait contribué.

Le laboratoire a calculé les caractéristiques physiques de l’agresseur. Son portrait robot par l’ADN simulait son origine ethnique, la teinte de ses yeux, la couleur des cheveux ainsi que la forme de son visage. Voici l’image qui avait été générée du suspect.

 

 

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