Un test ADN de dépistage du cancer du col de l’utérus (urinaire)

Des chercheurs de l’Ecole de Médecine de Baltimore (aux Etats-Unis) ont mis au point un test ADN de dépistage du  cancer du col de l’utérus dans les urines. Le test ADN de dépistage repère les lésions précancéreuses du col et les marqueurs génétiques du cancer ou l’ADN du virus HPV.

L’information a été relayée hier, 10 janvier 2017, par le Professeur David Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié-Salpêtrière, via Sciences et Avenir. La grande nouveauté est que ce test ADN de dépistage du cancer est urinaire, il est moins invasif que les prélèvements de tissu du col de l’utérus et moins onéreux.

Les chercheurs sont partis de l’ADN des virus HPV (Les papillomavirus humains). Ce sont des virus très communs, qui infectent les muqueuses ou la peau. On parle souvent à tort “du” HPV, mais en fait, on a répertorié plus de 150 types de papillomavirus différents.

On a retrouvé un HPV dans 80% des cancers du col de l’utérus, mais aussi dans les cancers du vagin, pénis, rectum, anus, ou des voies aérodigestives supérieures. Seuls 40 des HPV connus peuvent infecter les organes génitaux des hommes et des femmes.

Une infection ne signifie pas forcément que l’on développera un cancer des organes génitaux plus tard :

Selon l’institut Pasteur, dans 90% des cas, l’infection est transitoire et s’élimine naturellement en une à deux années. Dans les 10% de cas restants, le corps n’arrive pas à éliminer l’infection et les HPV causent des altérations ou lésions précancéreuses des muqueuses, notamment du col de l’utérus. 15 ans après, ces lésions peuvent évoluer en un cancer.

70% des cancers du col de l’utérus sont causés par les papillomavirus humains de type 16 et 18. On estime que la contamination a lieu durant les premières années de vie sexuelle . 80% des femmes sont ainsi exposées à ce virus une fois durant leur vie.

Un risque accru d’avoir un bébé né de petite taille après une exposition récente au HPV

Une étude publiée dans The Journal of Maternal-Fetal & Neonatal Medicine le 10 septembre 2017 par le Dr Ford de l’university of South Adelaïde en Australie. L’équipe a mis en évidence le risque accru de donner naissance à un bébé souffrant de retard de croissance intra-utérin. Sur les femmes participant à l’étude, 4% avaient été infectées par le HPV pendant les deux années précédent leur grossesse. Ces femmes testées positives au HPV avaient un risque de 20% d’avoir un bébé petit par rapport à son âge gestationnel. Il s’agit d’une hypotrophie néonatale, soit un poids de 1,5kg à 2.5kg à la naissance. Elles ont également 50% de chances d’avoir un nourrisson “de très faible poids à la naissance” (moins de 1,5kg).

“La prochaine étape est de relier les données du dépistage du HPV aux dossiers médicaux. Nous verront comment ces bébés de petite taille s’en sortent pendant leur enfance. Il est possible que le HPV envahisse les cellules du placenta. Affectera-t-il les embryons tout au début de la grossesse?” déclare le Dr Judith Helen Ford. “Les résultats de l’étude montrent à quel point il est important que les adolescents puissent bénéficier de la vaccination contre le HPV. Cela concerne aussi bien les garçons que les filles.

3000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus par an

Aux Etats-Unis, les Centers for Disease Control & Prevention (CDC) estiment que 79 millions d’américains ont été infectés par le virus une fois dans leur vie et qu’il y a 14 millions de nouvelles infections chaque année. La plupart de ces infections disparaissent spontanément. Mais les CDC ont dénombré près de 39 000 cas de cancers liés aux HPV diagnostiqués chaque année en moyenne sur la période 2008-2012. C’est donc une augmentation de 17% des cas par rapport aux 33 000 nouveaux cas moyens sur la période 2004-2008.

En France, les nombres sont hélas stable : il y a en moyenne 3000 cas de cancers liés aux HPV par an, le nombre de décès est de plus de 1000 annuels. Cela paraît moindre que les chiffres des Etats-Unis, cependant le cancer du col de l’utérus reste la 11ème cause de cancer chez la femme en France.

Quels sont les moyens de prévention pour le cancer du col de l’utérus ?

Le Ministère de la Santé rappelle qu’ « Il existe deux moyens pour prévenir le cancer du col de l’utérus : la vaccination des jeunes filles pour prévenir l’infection par certains papillomavirus humains (HPV) et la détection précoce des lésions précancéreuses par frottis du col utérin, qui permet de rechercher des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus, chez toutes les femmes entre 25 et 65 ans, vaccinées ou non. »

Le vaccin contre le HPV ne dispense pas de l’utilisation d’un préservatif

test ADN de dépistage cancerLa vaccination ne dispense pas de l’utilisation de préservatifs pour se protéger contre d’autres souches de HPV que les 2 ou 4 souches les plus courantes couvertes par le vaccin. D’autres papillomavirus sont responsables de 30% des cancers du col de l’utérus.

Enfin les jeunes filles même vaccinées, pourraient contracter d’autres maladies sexuellement transmissibles telles que le SIDA. Il faut donc leur rappeler de continuer à se protéger durant chaque rapport.

Le frottis de dépistage reste indispensable tous les 3 ans

L’évolution d’une lésion vers un cancer du col de l’utérus se fait très lentement, sur plusieurs années. Le frottis permet de repérer les cellules anormales du col de l’utérus, avant qu’elles ne deviennent cancéreuses. Lorsque le frottis est réalisé tous les 3 ans, les lésions précancéreuses peuvent être enlevées, avant l’apparition d’un cancer. Le site Ameli Santé rappelle que « Plus une anomalie est détectée tôt, mieux elle se soigne. Le frottis est un prélèvement simple et indolore qui ne prend que quelques minutes. Le frottis de dépistage est donc le meilleur moyen de lutter contre le cancer de l’utérus. »

Quel est le besoin d’un nouveau test ADN de dépistage du cancer aujourd’hui?

test génétique de dépistage cancerLe frottis est un prélèvement simple, mais qui doit être réalisé par un médecin formé pour cela, le plus souvent par un gynécologue. D’après la Haute Autorité de Santé française, « le taux de couverture du dépistage du cancer du col de l’utérus stagne à 57% depuis plusieurs années, avec de fortes disparités économiques et géographiques. Alors que la France enregistre encore 3 000 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus invasifs et 1 000 décès chaque année, seuls 10 % des femmes concernées bénéficient d’un FCU [Frottis du col de l’utérus] dans l’intervalle recommandé. Et 50 % des femmes sont peu ou pas du tout dépistées».

Les premiers résultats du test ont montré une sensibilité de 90% pour la détection des lésions précancéreuses du col de l’utérus (néoplasies intraépithéliales). C’est un test ADN dépistage du cancer du col de l’utérus, qui recherche:

  • la présence de trois fragments génétiques (FKBP6, INTS1 et ZNF516) associés au cancer du col de l’utérus,
  • des cellules d’apparence anormale précancéreuses,
  • le gène du papillomavirus humain HPV16-L1

D’autres études sont actuellement en cours pour confirmer ces résultats. L’espoir est que ce nouveau test ADN de dépistage urinaire permette d’améliorer le taux de couverture du dépistage. En effet, il présente l’avantage d’être plus rapide et plus économique. Le test ADN urinaire ne remplacerait pas les biopsies, mais permettrait d’en réduire le nombre. Ensuite, les femmes à faible risque pourraient alterner avec une simple surveillance.

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