Eurofins invente un test permettant de différencier l’ADN de vrais jumeaux

jumeauxLe 10 décembre 2013 : Eurofins Scientific (EUFI.PA), laboratoire dans le domaine des services génomiques, a annoncé ce jour être le premier à avoir développé un test permettant de différencier l’ADN des jumeaux monozygotes pour des expertises médico-légales et pour le tests de paternité.

Il était généralement admis que les vrais jumeaux monozygotes – appelés également « vrais » jumeaux provenant d’un seul œuf fécondé – ne pouvaient pas être différenciés génétiquement.

Certains scientifiques avaient commencé à émettre l’hypothèse que les jumeaux monozygotes pouvaient avoir d’infimes différences génétiques mais personne n’avait encore pu le prouver en l’absence d’outil d’analyse suffisamment précis. Il restait alors toujours un infime pourcentage d’incertitude, dans le cadre de tests de paternité ADN ou lors d’enquêtes de brigades criminelles.

La société Eurofins Scientific a annoncé avoir mené à son terme avec succès son projet de recherche génétique et médico-légale sur les jumeaux. Ils annoncent avoir développé un test ADN révélant les différences génétiques entre les jumeaux monozygotes (les « vrai jumeaux »). Les tests ADN de différenciation des jumeaux sont destinés aux forces de police, à la médecine légale ou aux tribunaux, pour innocenter ou incriminer des jumeaux dont des traces génétiques auraient été prélevées sur des scènes de crime. Le test peut également être utilisé par les tribunaux agissant dans une action en recherche de paternité ou contestation de paternité.

Résultat du test de paternité Eurofins sur deux père jumeaux potentiels
En suivant la flèche rouge, on voit l’un des 5 SNP (Polymorphismes nucléotidiques) retrouvés chez le père jumeau (Twin father) et son enfant (Child), que l’on n’a pas retrouvé dans l’ADN du frère jumeau du père (Twin uncle).

Le test fonctionne sur le principe du séquençage du génome des jumeaux, une technique qui consiste à isoler puis déchiffrer comme dans un livre, le matériel ADN d’organismes vivants. Le patrimoine génétique est ensuite analysé, leurs données sont compilées avec des outils de bio-informatique.

Le test de paternité a permis de différencier l'ADN de deux frères jumeaux monozygotes
Une mutation rare est apparue après la première division en deux du blastocyte, ce qui a donné naissance aux vrais jumeaux. L’analyse d’Eurofins a permis d’identifier 5 différences, qui ont été transmises par l’un des frères jumeaux (Twin Father) à son enfant (Child).

Par exemple, dans le cas d’une recherche de paternité, le patrimoine génétique issu d’un échantillon sanguin d’un enfant a été comparé à des échantillons de sperme de deux vrais jumeaux présumés pères. L’analyse par ordinateur a révélé 5 polymorphismes nucléotidiques simples (SNPs), des mutations communes à l’ADN de l’enfant et de son père (l’un des jumeaux), mais absentes du patrimoine de l’oncle (l’autre vrai jumeau). Voir illustrations ci-dessus et ci-contre.

L’étude a ainsi grâce à des cas similaires, mis en évidence la survenance de mutations génétiques au moment de la scission de l’ovule et que ces mutations se retrouvaient dans les autres cellules du corps et donc du sperme, ouvrant la voie à des analyses d’une précision supérieure aux tests de gémellité classiques.

Les tests ADN de gémellité offraient déjà une précision de 99,99% pour les jumeaux monozygotes, mais le nouveau test permet désormais des identifications sans faille ainsi qu’une confirmation de paternité.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1872497313002275

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